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Assemblée nationale: L’unité de la majorité parlementaire vacille?

Le discours choc de Christine Razanamahasoa a suscité des interrogations sur l’unité de la majorité à Tsimbazaza. S’agit-il d’un début de scission à prendre au sérieux au sein du soutien au chef de l’Etat? 

L’aile dure du parti présidentiel aurait-elle tendance à changer de langage? La question se pose après le discours de clôture de la présidente de l’Assemblée nationale, Christine Razanamahasoa, lors de la cérémonie de clôture de la dernière session de la Chambre basse en fin de semaine.

Elle a versé, inconsciemment ou non, dans le jeu adverse dans la ligne générale de ce discours axé sur la nécessité de la transparence de la gestion des aides internationales allouées dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus en échos aux appels répétés de l’opposition. Cette députée élue sous les couleurs de l’IRD a aussi émis le souhait d’être informée de toute décision importante adoptée au sein de l’exécutif.

Cette intransigeance inattendue de sa part illustre l’éventualité d’une désolidarisation progressive des députés pro-régime de leur leader qu’ils ont acculé par ces revendications. Des rumeurs sur une probable mise à l’écart du député Brunel Razafintsiandraofa, vice-président de l’Assemblée nationale chargé de la province de Fianarantsoa, ont préludé cette forme de volte-face de son homologue Christine Razanamahasoa, illustrant l’imminence d’un clash au sein de la coalition présidentielle. Le député élu du district d’Ikongo n’a pas d’ailleurs mâché ses mots pour fustiger son parti sur des pratiques priorisant les transfuges aux dépens de ses fidèles lors d’une interview télévisée au cours de laquelle il a répondu qu’il n’accepterait point toute proposition à un poste au sein du régime.

Les mauvaises langues, selon la dénomination attribuée par les «Orange» aux autres couleurs, commencent à ironiser presque ouvertement que le bateau prend l’eau depuis quelques temps déjà à la suite de conflits d’intérêt entre les barons du parti au pouvoir, constitués majoritairement d’investisseurs de renom.

La situation aurait été à l’origine du silence inexpliqué du Chef de l’Etat dans le contexte actuel malgré sa volubilité affichée l’obligeant à courir des fours aux fourneaux au début du confinement. Ceci expliquant cela, la présence massive des chefs traditionnels issus de certaines régions poussées à s’exprimer favorablement sur les modifications controversées apportées au Palais de la Reine lors du défilé militaire d’Analakely a été un subterfuge utilisé par les cerveaux du régime pour espérer une sortie honorable au Chef de l’Etat, victime des tirs croisés de l’aristocratie et des historiens conservateurs. Le projet, à l’instar du «Tanamasoandro» a rejoint peu à peu les tiroirs d’ailleurs.

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