Société

Confinement à Antananarivo: Les autorités se contredisent sur le cas des gargotes

L’ouverture des gargotes en cette période de confinement est soumise à des conditions selon le ministère de la Santé. De l’autre côté, le ministère de l’Industrie signe et persiste que les contrôles seront stricts à l’endroit des commerces non-essentiels qui continuent d’exercer.

Les commerces non essentiels devront garder portes closes durant les quinze jours de confinement. Une mesure qui a été annoncée par le ministre de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat, Lantosoa Rakotomalala, durant son intervention sur la chaine nationale, dimanche dernier. Une mesure qui a été renforcée par le coordonnateur du Centre de commandement opérationnel (CCO) Covid-19, le général Elack Olivier Andriankaja, qui, à son tour, a indiqué que les restaurants et les gargotes ne sont pas qualifiés d’essentiels.

Un «task force» composé par les agents du ministère de l’Industrie ainsi que les éléments des forces de l’ordre a été même mis en place pour veiller à ce que cette mesure soit respectée. Mais grande fût la surprise de tous lorsque le ministère de la Santé publique, plus précisément, l’Agence de contrôle sanitaire et de la qualité des denrées alimentaires (ACSQDA), a annoncé sur la chaine nationale que les gargotes peuvent exercer à condition qu’elles respectent les règles d’hygiènes alimentaires. Ceci, à travers les descentes effectuées par leurs agents qui ne manqueront pas d’émettre des recommandations, qui seront signées par les gargotiers lorsque le besoin se présente.

«Tout d’abord, les gargotes ne sont pas autorisées à ouvrir car ce sont des lieux susceptibles de rassembler un nombre important de personnes. Si elles devront recevoir des consommateurs, elles doivent respecter les recommandations émises par l’ACSQDA notamment le port du masque et la mise en place du dispositif de lavage des mains avec du savon», selon le directeur de cette agence, Joelinirina Rakotovao Ravahatra.

Déjà, les mesures de confinement imposées par l’Etat sont difficiles à faire respecter mais cette contradiction au niveau des autorités ne fait qu’encourager la désobéissance. Ces gargotes échappent à tout contrôle et continuent de servir des plats dans tous les quartiers de la Capitale sans se soucier des moindres détails de l’hygiène alimentaire.

Non seulement, elles exercent librement mais certaines d’entre elles ne respectent pas l’horaire de fermeture des commerces qui est fixé à midi. Cette pratique est très courante, par exemple,  à Ambatolampy, dans le VIème arrondissement où la fréquence des coupures d’eau est aussi un problème récurrent. Certaines gargotes conservent également les nourritures qui ne sont pas vendues la veille pour les revendre le lendemain. Mais là encore, les conditions de conservations laissent à désirer car certaines d’entre elles ne disposent même pas de réfrigérateur.

 

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