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Rencontre public-privé: Déception du patronat à l’issue de la rencontre avec Rajoelina

La rencontre avec le président Rajoelina n’a pas accouché de résolutions concrètes comme espérées par les groupements d’entreprises. Certaines parlent même d’une simple séance d’information sur la vision du chef de l’Etat.

Les membres du secteur privé avaient mis tous leurs espoirs sur la rencontre qu’ils ont eu avec l’équipe de la Présidence d’hier. Une rencontre censée apporter des réponses à la précarité de leurs situations mais qui, une fois de plus, s’est résumée en une séance d’information, reprenant les memes discours avec le même format, rapporte avec déception le président du Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP), Herilanto Rakotoarisoa.

En gros, “nous avons eu droit à une présentation de la vision du Chef de l’État concernant l’industrialisation et de ce plan de relance économique. Or avant de parler de relance, il faudra que nous arrivons d’abord à survivre, nous devons sauver des emplois. Et malheureusement pour nous, ce sont des sujets qui n’ont pas été suffisamment abordés”, explique-t-il.

Situation critique

Le Chef de l’État avait pourtant été avisé de la gravité de la situation, à travers le mémorandum que les membres du Groupement des entreprises de Madagascar (GEM) avaient rédigé et qui lui a été adressée à la veille de cette rencontre.Dans ce document, il a été clairement indiqué que dès la mise en place des mesures d’urgence sanitaire, les opérateurs économiques membres de ce groupement se confrontaient déjà à un ralentissement ou suspension d’activités, à une baisse importante de chiffres d’affaires, à une suspension ou annulation des contrats.

Des chiffres alarmants sur la chute des activités

A l’heure actuelle, aucune entreprise n’est assurée contre les dommages apportés par le Covid. 70% d’entre elles travaillent partiellement, une baisse d’activité et une perte de chiffres d’affaires de l’ordre de 50% ont été constatées, conduisant à un impact financier élevé pour 75% de ces entreprises. Or, il leur faudra six mois pour la majeure partie d’entre elles pour retrouver le niveau normal d’activité, d’après toujours ce mémorandum.

Les chiffres interpellent. Le groupement des exportateurs de Vanille de Madagascar (GEVM) a par exemple enregistré une baisse d’activités de 50% et a été contraint de mettre la moitié de son personnel au chômage technique. Même situation pour le Syndicat des entrepreneurs du BTP et tant d’autres. Le président du Fivondronan’ny mpandraharaha Malagasy (FIVMPAMA), Andrianavalomanana Andrianarison, parlait même de 500 000 travailleurs qui se retrouvent en situation de précarité à cause de la crise.

Le GEM parle d’abord de « survie »

La priorité, selon le mémorandum du GEM, est d’assurer la survie des entreprises, et assurer la relance rapide des activités économiques après la sortie de crise. “C’est le seul chemin pour préserver les emplois et ainsi stimuler la consommation et les exportations qui sont les éléments de viabilité de l’économie”, soutient le groupement.
Le GEM qui totalise plus de 2000 entreprises demande alors à l’État d’assurer, en urgence, les salaires partiels des entreprises en baisse notable d’activités ou au chômage technique. L’État est également appelé à financer avec les entreprises la formation du personnel en vue des perspectives futures post-Covid 19. Ces entreprises demandent d’obtenir l’abattement des cotisations sociales et des obligations fiscales pour une durée à déterminer conjointement avec l’État et demandent de l’aide pour le paiement du personnel ne pouvant pas être en télétravail.
Pour leur permettre de continuer leurs activités, ce groupement demandent des subventions pour les charges exceptionnelles des entreprises, notamment pour celles dans le tourisme. Le GEM demande également des crédits de trésorerie à taux bonifiés et garantis par l’État, le paiement des arriérés de l’Etat aux entreprises ou encore une trêve fiscale, du moins pour cette année.

Le patronat veut du concret suite à l’annonce des mesures de l’État

Le Chef de l’État s’est félicité d’avoir eu une rencontre fructueuse avec ces opérateurs économiques et d’avoir avancé des solutions pour leur venir en aide financièrement.
Le prêt Miarina, d’un montant de 50 milliards d’ariary, est mis en place. Il s’agit d’un prêt sur 24 mois avec un taux privilégié de 8 à 9 pourcent et un différé pouvant aller jusqu’à six mois. Un fonds de 150 milliards d’ariary est mis à disposition des PME et PMI pour leur permettre de faire des emprunts à taux bonifié à 10 pourcent. 80 milliards d’ariary d’une maturité d’un an est également mis à leur disposition.
Question fiscalité, la suspension de l’acompte provisionnel au titre de l’impôt sur le revenu, de l’IRSA et de la TVA a été décidée, tout comme le paiement des impôts synthétiques. Le tout jusqu’au 15 août 2020.
Ce qui n’empêche cependant pas les opérateurs d’émettre des réserves. “Les intentions sont bonnes. Mais nous attendons du concret et leurs répercussions sur la relance de l’économie”, lance l’opérateur et ancien président du Syndicat des industries de Madagascar, Fredy Rajaonera.

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