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Projets présidentiels: La peur d’essuyer un second échec ?

Le régime a calmé le jeu concernant le «Rovan’Antananarivo». Certainement, ça cogite quelque part. Bien que la Ministre de la Communication et de la Culture ait fait une visite des lieux pour annoncer le report de l’inauguration du fameux colisée, le gouvernement ne s’est plus engagé, ces derniers temps, à envenimer les débats. Même si, du côté opposé, «la lutte» pour le démantèlement de cet amas de béton continue, non seulement à l’intérieur du pays, mais également en France et à La Réunion, la ferveur du débat a accusé une certaine accalmie.

Le régime calme le jeu. Il évite à tout prix de connaître un second échec. Le premier, on s’en rappelle, la décision de déplacer «Tanamasoandro» vers Imerintsiatosika et environs. Cette nouvelle ville, annoncée moderne, dont les retombées sociales et économiques sont encore mal perçues par la majorité des Malgaches, tarde à enregistrer ses premiers travaux de fondation.

Toujours est-il qu’il faudrait un nouveau plan, de nouvelles contraintes, une nouvelle étude environnementale et sociale, d’autres nouvelles études, avant que la première pierre ne soit posée. Le timing du nouveau régime se trouve ainsi bouleversé et l’ardeur de l’après campagne électorale tombée à pic.

En ce qui concerne le colisée d’Anatirova, on perçoit une certaine hésitation, tellement la pression embrasse multiples sources d’énergie: historique, cultuelle, traditionnelle, politique, ancestrale, patrimoniale, etc. On perçoit du côté du gouvernement une certaine fébrilité, si tant est que certains membres n’ont pas manifesté leur opinion durant les débats. Ceux-ci appartiennent à la lignée d’Andriana dont les vestiges d’Anatirova représentent le symbole de leur histoire. Même topo au niveau du régime en général, des pro-Rajoelina se trouvant dans la même situation gênante se taisent et ne s’expriment pas. La situation est assez embarrassante, pour ne pas dire incommodante.

Ce n’est pas tant le déplacement du colisée qui inquiète (car on peut très bien démanteler ces bétons par bloc et déplacer vers un autre endroit). Ce qui inquiète, c’est l’impact d’une telle décision sur l’image et la réputation politique du régime. Essuyer un second échec en moins de deux ans de mandat n’arbore pas un statut de «Mpandresy». Et ce n’est pas la promesse d’installer une usine d’assemblage automobile, faussement interprétée comme une fierté malgache, qui aiderait à fermer les yeux, ni à masquer le dilemme. Si le Président Rajoelina aspire à se représenter à l’élection de 2023, comme le temps lui joue, à chaque fois des tours, il lui faudrait, dès maintenant…faire campagne.

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