ChroniquesOpinions

Une démocratie de façade

Souveraineté

A quelques jours du soixantième anniversaire où le pays a recouvré son indépendance, la notion de souveraineté n’a jamais été autant revendiquée. Utilisée à tout bout de champs, pour justifier des causes indéfendables ou cacher des batailles perdues, le politique ne se prive pas de la brandir pour donner l’air d’être tout puissant, se comparant presque à Dieu sur terre.

Faire croire que la souveraineté est un corollaire automatique de l’indépendance, est totalement fallacieux. En réalité, elle sera d’autant plus forte qu’elle sera en capacité de répondre aux besoins de la population et à assumer ses fonctions régaliennes.

Quelques exemples : la monnaie, la défense, le budget, des sujets qui permettent  d’avoir une juste appréciation de la signification toute relative de la souveraineté.

  • Les billets et pièces de monnaie, utilisés pour faire les achats au quotidien, où sont-ils fabriqués et sont-ils reconnus en dehors des frontières ?
  • En cas d’agression ou d’occupation illicite du territoire, l’état est-il capable d’assurer son intégrité ?
  • Le budget de l’état, confectionné discrétionnairement par le gouvernement, voté presque sans amendement à l’assemblée nationale, son financement est-il exclusivement assuré par les recettes fiscales ?

En répondant à ces questions, on constate l’asymétrie de l’attitude des individus au pouvoir, dans leur arrogance et la fragilité de quelques principes régaliens qui fondent la souveraineté, sans y voir forcément, un lien de causalité. En revanche, le rapport des institutions entre elles, ne se traduit pas comme la constitution l’avait prévu. S’il n’est pas discutable que l’incarnation de la souveraineté soit portée par l’exécutif, cela ne justifie pas l’excès, voire le non-respect des textes.

La gestion de la pandémie a révélé et accentué les dysfonctionnements. La difficulté du gouvernement à établir un plan économique de sortie de crise post-pandémie, est la traduction de l’incapacité du chef de l’état à formuler clairement les priorités. Dans ce contexte de juxtaposition de crises à multiples facettes, le pouvoir aurait été mieux inspiré de privilégier le dialogue avec tous les corps intermédiaires et écouter l’opposition.

Malgré tout, les mécanismes d’alerte sont inopérants, les systèmes de contrepouvoir muets, comme tétanisés par une personnalisation à outrance du pouvoir. Le glissement progressif du symbole de la république vers un monarque très imbu de sa personne, ne supportant pas la contradiction, représente un grave danger pour le pays. Les autres chefs d’institution sont réduits au silence, comme de simples valets d’une république, qui n’est plus que de façade.

Le covid-19 aura été un catalyseur dans l’apparition des signes de l’appauvrissement accéléré de la population, socio économiquement atteinte à plus de 80%.

De tout ce qui précède, il faut accueillir avec soulagement la déclaration émanant de la plateforme réunissant tous les partis d’opposition, qui joue pleinement son rôle de rempart pour la sauvegarde et le salut public, réclamant sans ambages le départ du chef de l’état. Il est plus que temps.

Afficher plus

Articles similaires

Voir Aussi
Fermer
Bouton retour en haut de la page